Nager entre deux chaises

~ ~ ~ Qui parle sème, qui écoute récolte

En campagne

Suzel Rouméas – Saint-Antoine-Du-Rocher

« L’année 1968 a changé ma vie. » Suzel Rouméas, maire de Saint-Antoine-Du-Rocher, 1441 habitants, n’a pas oublié cette époque où les femmes battaient le pavé aux côtés des hommes. Débutée à 19 ans, sa carrière aux Postes, télégraphes et téléphones (PTT) l’amène à s’engager dans la vie associative et le syndicalisme. Les années passent, son engagement à gauche reste. Son idéal républicain aussi. Elle est déjà conseillère depuis quelques années quand elle prend sa retraite en 2005. en 2008, à 53 ans, elle est élue maire (sans étiquette). Dans la communauté de communes, c’est moins le fait qu’elle soit une femme que ses convictions qui brusquent ses collègues. « Il n’y a jamais eu de remarque sexiste, assure-t-elle. Mais mes idées politiques ont du mal à passer. » Aujourd’hui, elle défend le statut des élus. « Les employeurs ne les aident pas à prendre du temps pour s’engager et je tire mon chapeau à ceux qui sont maires et qui travaillent. »

Stéphanie Riocreux – Benais

Même avec trois enfants, âgés de 9 à 21 ans, Stéphanie Riocreux n’hésite pas. En 2008, elle prend, en famille, la décision de devenir maire de benais, 934 habitants. « Mes enfants étaient habitués », affirme cette militante associative de longue date. Elle brigue son premier mandat de conseillère municipale en 1999. « Il me restait six mois de congé parental. J’envisageais de retourner travailler. Mais j’étais élue, je suis restée. » Et d’ajouter que son foyer tient grâce aux revenus de son mari, masseur-kinsithérapeute. Elle s’en amuse : « Chez nous, le prive finance le public. J’ai de la chance, car être obligé de travailler est un frein à l’engagement. » Ce qui n’a pas empêché les femmes d’être majoritaires au sein du conseil municipal. Maire, membre de la communauté de communes, suppléante de Jean Germain au Sénat, Stéphanie Riocreux voit tout de même grandir ses enfants : « Grâce à Internet, le soir, je travaille depuis chez moi. »

Isabelle Sénéchal – Saint-Laurent-en-Gâtines

« De quoi elle se mêle la gamine ? Elle n’y connaît rien. » En 1989, quand Isabelle Sénéchal fait son entrée, à 33 ans, au conseil municipal de Saint-Laurent-en-Gâtines, 913 habitants, les mots doux fusent. Quinze ans plus tard, alors qu’elle prend l’intérim du marie décédé, elle doute toujours de ses capacités. Elle est pourtant élue en 208. aujourd’hui, la jeune retraitée aide-soignante de 56 ans siège à la tête d’un conseil municipal à majorité féminine. Quand la mairie a été refaite en 2002, des couleurs chaudes sont apparues sur les murs. C’était un choix du conseil. Alors, les quolibets ont ressurgi. Isabelle Sénéchal se souvient : « on a tout de suite entendu que c’était parce que les élus étaient surtout des femmes. » Mais quand on lui parle de la loi sur la parité, elle est est sans équivoque : « Je n’y suis pas favorable. Choisir des personnes en fonction de leur genre n’est pas la solution. »

Publié dans En campagne, article pour Innovale magazine des étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (mai 2012)

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