Nager entre deux chaises

~ ~ ~ Qui parle sème, qui écoute récolte

La Loire à Vélo, on l’a testée

Le vélo, à tmv, on l’utilise tous les matins pour venir travailler. Mais nous, de la Loire, on connaît surtout la guinguette. Il fallait combler nos lacunes ! Une seule question nous taraudait : quel trajet choisir ? Remonter le fleuve vers Amboise ou le descendre jusque Langeais ? Ce sera Langeais.

~ Photo. Xavier Ridon ~

Trente kilomètres sont annoncés, toute petite partie des 800 km qui jalonnent la Loire de Nevers à la côté Atlantique. La veille, grêle et pluie s’étaient abattues sur Tours. Mais, le jour de notre escapade, les nuages ont disparu et le soleil brille. Appareil photo, bouteille et carnet de route sont dans le sac-à-dos. Rangés avec le coupe-vent, au cas où. En début d’après-midi, nous montons en selle pince à vélo à la cheville. Comme 760 000 cyclistes par an, tmv part en vadrouille pour découvrir la Loire.

Première étape : sortir de la ville
Le point de rendez-vous est fixé face à la Cathédrale. Les panneaux des vélo-routes montrent le chemin à suivre dans la ville. Pratiques, les pistes cyclables sont relativement respectées par les automobilistes, jusqu’à l’arrivée des travaux rue Nationale et avenue de Grammont. Il faut, alors, ruser et passer de la route au trottoir – bien que ce soit interdit. A l’approche du Cher, les panneaux indicatifs disparaissent. De nombreux cyclotouristes se croisent et se demandent qui trouvera le bon chemin. En fait, il faut traverser le Cher, dépasser le centre aquatique du Lac, parcourir les travaux des Deux-Lions et, enfin, longer la rivière. Direction le Sud-Ouest.

~ Photo. Xavier Ridon ~

Deuxième étape : rejoindre Savonnières
Soleil écrasant et vent dans le nez, mais on ne va pas se plaindre, c’est pour le travail… Sur le chemin, déserté des voitures, les arbres font de l’ombre. Si le cours d’eau est voisin il est masqué par quelques bosquets. Mieux vaut ne pas s’y aventurer, sauf si on a une affection particulière pour les moustiques. Comme tmv n’est pas adepte de leurs piqûres, nous traçons notre route jusque Savonnières. Le maire de la commune s’est enthousiasmé par la Loire à vélo. Et pour cause : la commune est au centre du trajet qui mène à Villandry et son pont conduit à la confluence du Cher et de la Loire. Même s’il a fallu refaire une partie de la voirie, l’économie locale a été relancée. En moyenne, un cycliste dépense 68 euros par jour. Il est, d’ailleurs, plus dépensier que l’automobiliste. Pour le directeur du tourisme de la région Centre, Laurent Savignac, l’explication est bien simple : « A vélo, on se déplace lentement donc on voit plus de détails et on s’arrêtera plus facilement chez le producteur de fraises. » Et dans les châteaux, comme celui que nous avons en point de mire.

Troisième étape : saluer Villandry
Après 15 km de route, le Château de Villandry apparaît. Ici pas de problème pour s’arrêter. Le parking n’est pas réservé aux voitures, les vélos ont aussi leurs places. Le domaine s’ouvre dès 9 h et les cinq hectares de jardin bio ferment à 19 h 30. Autour de la ville, les agriculteurs locaux ont vu augmenter considérablement le passage des deux roues. En effet, le trajet Tours-Villandry est devenu l’un des plus fréquentés sur tout le réseau. Ce qui fait la joie de Laurent Savignac, surnommé le Monsieur vélo de la région, suit le projet depuis sa création en 1995. « On était les premiers à porter un projet d’une telle envergure. » Sur 10 ans, cinquante millions d’euros ont été nécessaires. Investissement vite rentabilisé car, chaque année, quinze millions d’euros sont dépensés par les voyageurs dans les restaurants, hôtels, supérettes, loueurs de vélo et petits producteurs.

~ Photo. Xavier Ridon ~

Quatrième étape : de passage à La-Chapelle-aux-Naux
A bien des occasions, la route change de forme. Les voies vertes, qui sont réservées aux vélos, représentent 30 % des 800 km. Leur revêtement a été conçu pour être plus respectueux de l’environnement. Donc si on y roule un peu moins bien que sur du bitume, on pollue moins les alentours. La Chapelle-aux-Naux précède le pont qui mène à Langeais. Le village est coquet, mais impossible de nous y arrêter car le dernier train pour Tours arrive bientôt.

Cinquième étape : arriver à l’heure à Langeais
Il faut accélérer dans les derniers kilomètres. Le dernier train de retour vers Tours passe à 18 h 36. Il ne faut pas le louper. A l’arrivée de l’été 2012, les régions Centre et Pays de la Loire vont mettre en place un « Train Vélo Loire ». Expérimenté l’année dernière, ce train sur l’axe Interloire avait convaincu les quelques 1 400 utilisateurs. Avec trois allers-retours la semaine et deux le week-end, l’objectif est de faciliter le rangement des vélos, car celui-ci n’est pas aisé dans le Train express régional. Après s’être frayé un chemin entre les sièges, il faut arriver à accrocher en hauteur son deux-roues. Autrement dit, on a profité de la journée pour se muscler les mollets et les bras.

~ Photo. Xavier Ridon ~

Une fois à Tours, tmv regretta d’avoir tant pédalé contre le vent et jura, mais un peu tard, que l’on ne l’y prendrait plus.

Pour préparer son voyage : loireavelo.fr

L’avis de l’élue :

Suite de notre dossier sur la Loire à Vélo avec l’avis de l’élue : Pascale Rossler, élue Europe-Écologie Les Verts au Conseil régional du Centre, Vice-présidente chargée de la biodiversité, du tourisme et du patrimoine.

Quelle est l’importance de la Loire à Vélo dans la région Centre ?

Il faut savoir que, dans la Région, le tourisme a le même poids économique que l’agriculture. La Loire à vélo est, en plus, un choix de développement durable. A mon arrivée en 2010, il nous fallait associer l’environnement à l’emploi et au lien social. Le vélo est un moyen de transport doux et totalement gratuit. On peut prendre nos vélos, emporter quatre sandwichs et ça ne nous coûte rien. En même temps, on voit que les retombées économiques sont très importantes. Pour preuve, ce sont 16 millions d’euros par an qui profitent aux hôtels, aux restaurants et aux produits du terroir. Ce que nous soutenons aussi c’est la découverte du patrimoine et de la nature qui permet de mieux les préserver.

Comment s’applique le développement durable dans la Loire à vélo ?

Pour nous, le tourisme de nature, ce n’est pas seulement une économie. Il est indissociable de la pédagogie, de l’éducation et de la préservation de la nature. On ne veut pas tuer notre poule aux œufs d’or. Des activités proposés, telles que le kayak, ont un label « Loire à vélo » avec pour principe de parler de l’environnement.

Il y a aussi l’importance des trains présents sur le trajet ?

Nous avons fait en sorte que chaque gare présente sur le trajet se trouve à proximité de la voix cyclable. Il faut dire que l’utilisation du train est importante car elle répond à une demande d’éco-responsabilité. Les gens veulent voyager propre. Quand on peut venir en train, cela nous permet de prendre le temps. Pendant l’été, il est possible de bénéficier, gratuitement et sans réservation du « Train vélo Loire ». Une fois arrivé en gare, il suffit de s’adresser aux loueurs de vélo présents sur tout le trajet. Il faut d’ailleurs souligner que notre label « Accueil vélo » qui permet de mettre à l’abri ses vélos et de les réparer est en train de devenir un label national, grâce à France Vélo Tourisme. Autrement dit, on est à l’avant-garde.

L’afflux de touristes n’a pas créé de réticences dans les communes ?

Il y a parfois une tendance humaine à l’appréhension mais les professionnels que j’ai rencontrés m’ont fait part du respect et de la gentillesse des cyclotouristes. Le slow-tourisme s’installe. Les cyclotouristes profitent d’avoir du temps et cela semble les rendre généreux. Sans doute que se balader en vélo rend sympathique, car il y a un objectif de bien-être. Les touristes sont d’autant plus appréciés que ce qui arrive est remarquable pour l’économie locale.

 ~ Photo. Xavier Ridon ~

La Loire à vélo semble plus toucher une population aisée ?

C’est vrai. Mon ressenti est que l’accès à la culture des catégories les moins favorisées demande un effort pédagogique supplémentaire car on doit y porter une certaine attention. On a beaucoup d’utilisateurs qui trouvent ça formidable mais je vois bien qu’il faut que l’on sensibilise tous les habitants de la région.

Quels sont les futurs projets de la Loire à Vélo ?

Dans les dix prochaines années, on va aménager des circuits autour du parcours existant pour notre nouveau projet « Vélo Centre ». On veut rallier tout le territoire régional. On veut mettre en place six boucles sur 3 000 km. Le choix budgétaire est très clair. Il sera de quarante millions d’euros échelonnés sur dix ans. On veut devenir la première région de cyclotourisme en France.

~ Photo Pascale Rossler. DR ~

Interview publiée dans tmv n°58 du 27 juin 2012

Dossier publié dans tmv n°58 du 27 juin 2012

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